Réunion

Information d'entreprise

La présentation de l'information d'entreprise constitue un défi constant pour les conseils d'administration. Même si ce ne sont pas les administrateurs qui préparent les informations à fournir, ils doivent les approuver et ils en assument la responsabilité ultime.

Les obligations d'information ont augmenté en volume et en complexité ces dernières années. Les entreprises doivent respecter les exigences des autorités de réglementation comptables et de réglementation des valeurs mobilières, qui sont parfois contradictoires ou redondantes, et utiliser différents référentiels selon les pays tout en présentant la situation de l'entreprise d'une manière compréhensible et utile pour les actionnaires et les autres parties prenantes.

Si les parties prenantes ne peuvent trouver de l'information pertinente, compréhensible et à jour dans les informations fournies par une entreprise, c'est peut-être parce que l'information qu'elles cherchent a été omise; par exemple, de nombreuses parties prenantes estiment que les informations non financières qu'elles reçoivent des entreprises ne conviennent pas. Lorsque l'information recherchée par les parties prenantes est fournie, il se peut que les liens logiques à cette dernière ne soient pas bien établis; les organisations présentent de l'information financière et non financière ainsi que de l'information sur des questions liées à la gouvernance, à l'exploitation et à la stratégie, mais habituellement dans des documents distincts qui ne sont pas bien intégrés ou interreliés. (Se reporter à la section sur le développement durable de la présente publication pour en apprendre davantage sur les rapports intégrés)

Diverses initiatives ont été lancées afin de tenter de régler certains problèmes. Par exemple, l'audit continu et la communication continue de l'information permettraient aux parties prenantes de recevoir l'information financière et non financière presque en temps réel, plutôt qu'après la fin du trimestre, leur donnant ainsi la possibilité de saisir la balle au bond lorsque des événements importants surviennent. Par contre, un flux continu d'information, qui comporterait probablement une certaine quantité d'informations non significatives, ne ferait qu'empirer la situation actuelle de surcharge d'information. Les entreprises ne se sont pas bousculées pour adopter l'audit continu ni la communication continue de l'information; cela est probablement imputable au coût, au peu d'intérêt manifesté par les parties prenantes et à la crainte que la communication continue de l'information ne les place en situation de désavantage concurrentiel. 

Certaines autorités de réglementation, comme la Securities and Exchange Commission (SEC) aux États-Unis, le HM Revenue & Customs au Royaume-Uni et la Companies House à Singapour, entre autres, exigent que les sociétés ouvertes utilisent le langage XBRL (eXtensible Business Reporting Language). La SEC a prévu une mise en œuvre graduelle de ses exigences de présentation en format XBRL en fonction de la taille des entreprises, en ajustant notamment la granularité de l'information que les entités doivent présenter en format XBRL selon qu'il s'agit de l'exercice initial ou des exercices subséquents. Même si les organisations se sont conformées à ces exigences réglementaires, il reste à voir si le langage XBRL procurera vraiment des avantages appréciables aux actionnaires. Bien que ce langage permette aux parties prenantes de faire des recherches dans les documents déposés pour trouver les informations dont elles ont besoin, il peut être difficile de comparer les informations de différentes organisations si ces dernières n'utilisent pas les mêmes termes et classifications.

Une cause majeure du « bruit de fond » dans les informations fournies par la plupart des organisations est la présence d'informations non significatives. « Beaucoup d'information » n'est pas toujours synonyme de « meilleure information ». Le but premier des informations est d'attirer les investisseurs, mais il semble que cet objectif ait été relégué au second plan, les entreprises étant plus soucieuses d'éviter les litiges ou de se retrouver dans la mire des autorités de réglementation. Le libellé des informations à fournir est de plus en plus dicté par les conseillers juridiques, qui recommandent de tout dire, mais en entrant le moins possible dans les détails.

Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que les actionnaires et les autorités de réglementation soient préoccupés par l'utilisation répandue des formules toutes faites et par le manque de transparence. Les autorités de réglementation, qu'il s'agisse de l'IASB, du FASB des États-Unis, du FRC du Royaume-Uni ou de la SEC, cherchent toutes des moyens de réduire la quantité excessive d'informations à fournir et d'en améliorer la qualité. Malgré la publication de certaines propositions et de certains exposés-sondages, comme le document du FASB intitulé Proposed Statement of Financial Accounting Concepts, bon nombre de ces initiatives s'inscrivent dans une perspective à plus long terme.

En mai 2014, le Center for Audit Quality (CAQ) et l'Institute for Corporate Responsibility (ICR) de la School of Business de l'Université George Washington ont lancé une initiative sur la présentation de l'information financière, baptisée Rethinking Financial Disclosure. En novembre 2014, les auteurs de ce projet ont présenté à la SEC un rapport contenant 11 recommandations visant à améliorer l'efficacité des informations à fournir. En voici quelques-unes :

  • Fournir un sommaire présentant seulement les changements apportés depuis le sommaire de l'exercice précédent.
  • Présenter les facteurs de risque en distinguant ceux qui sont propres à l'entreprise et ceux qui ne le sont pas.
  • Exiger la présentation d'un rapport stratégique indiquant les objectifs et les stratégies de l'entreprise.
  • Entreprendre un projet « Muse » semblable au courant de financement communautaire pour solliciter des idées du public afin d'améliorer la présentation de l'information, en particulier sur les risques.


Pour que les informations qu'elle présente soient utiles pour ses parties prenantes, l'organisation doit d'abord comprendre ce que valorise chacun de ses groupes de parties prenantes et la valeur qu'elle obtient ou perd en raison de l'image qu'elle projette. Des informations transparentes et utiles peuvent non seulement attirer des investisseurs, mais elles peuvent aussi contribuer à gagner l'appui d'autres parties prenantes, par exemple les employés et les clients, en démontrant la détermination de l'organisation et ses réalisations dans des domaines jugés importants par ces parties.


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